Les îles aux trésors

 Posted by mathieu on 17 juillet 2011  Articles, Livres
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Dans transition, il y a l’idée d’un chemin à suivre de l’organisation capitaliste actuelle à une autre non-capitaliste. Il est évidemment intéressant de savoir où on veut aller, mais il est également nécessaire de comprendre d’où on vient. En tous cas si on veut construire une véritable stratégie de transition.

C’est dans ce cadre “comprendre le capitalisme actuel” que betransition pourrait se documenter sur les paradis fiscaux. Il semble en effet que ce n’est pas simplement “une manière d’éluder l’impôt pour les riches”, mais qu’historiquement c’est quelque chose qui s’est développé en même temps que le capitalisme mondialisé. Les paradis fiscaux seraient un de rouages fondamentaux du capitalisme actuel.

Nicholas Shaxson a publié récemment Treasure Islands sur ce thème. En voici un très bon compte-rendu.

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  4 commentaires à “Les îles aux trésors”

  1. Merci Mathieu pour l’article qui ouvre encore un nouveau volet que je ne connaissais pas et qui a l’air de cacher bien des choses. Je lisais dans un autre article en très grand raccourci ceci : Il est quand même impressionnant qu’une mutinationale produisant de la bière en Afrique revend ses produits à une filiale aux îles Caïmans sans faire de bénéfices ou presque. Cette dernière revend le même produit à une autre filiale installée en Afrique mais avec un prix bien élevé en justifiant des Royalties sur son produit. Et le tour est joué, les bénef sont engrangé par la filiale dont le siège social se trouve dans un paradis fiscal et pas de bénef taxé… Impressionant de voir que les gouvernements qui n’ont pas les moyens de contrôler les tours de passe-passe financiers de grosses boîtes se font gentiment berner, et tout cela par des mécanismes financiers (quasi) légaux???

    • Je pense que tu es trop gentil avec les gouvernements: ils s’en rendent évidemment compte. Pourquoi ne font-ils rien? Deux réponses sont possibles: ils n’y a pas moyen d’interdire cela, ou alors ils l’autorisent volontairement. Il faut éviter de verser dans le “tous pourris”, mais il est difficile de ne pas pencher pour la seconde option : il semble en effet tout à fait possible par exemple d’interdire le commerce de denrées non produites localement avec la vingtaine de paradis fiscaux les plus agressifs. Ces états sont en effet minuscules, et il n’y aurait aucun dommage économique à faire cela. Ce n’est clairement pas ce qui est fait.

  2. Je parlais des gouvernements des pays du Sud qui n’ont pas les moyens de contrer ces mécanismes complexes.
    “L’évasion massive des capitaux des pays du sud vers le Nord et les paradis fiscaux est la première source d’appauvrissement des pays les plus pauvres.” (Antonion Gambini, CNCD)

    • Un autre exemple d’utilisation des paradis fiscaux, concernant cette fois-ci par une petite société californienne ayant réalisé 2,51 milliards de dollars de bénéfices pour le second trimestre 2011 (Google, ça vous dit quelque chose ?).
      Vous verrez dans l’article ci-dessous que Google parvient à ne payer que 2,4% d’impôt sur les bénéfices réalisés en Irlande (au lieu des 12,5% officiels).

      http://www.cncd.be/Google-le-double-irlandais-et-le

      Selon cet article, Tanguy, plus de 400 milliards de dollars quittent chaque année illicitement les pays du Sud pour être rapatriés dans les pays du Nord via ces mécanismes de paradis fiscal (cfr ton commentaire ci-dessus).

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