Cet article est très largement inspiré et traduit (de l’espagnol) de ce post.
Carl Honoré est un écrivain écossais qui a influencé la naissance et la propagation mondiale du mouvement slow.
Des années après son premier livre d’éloge à la lenteur, et après avoir vécu l’expérience d’un fils surdoué artistique qui refusait de suivre un cursus classique et qui choisit l’option de dessiner rien que pour le plaisir, l’auteur entrepris un voyage de 2 ans à travers l’Europe, l’Amérique et l’Asie, afin d’analyser la situation de l’enfance de nos jours.
Lors de ce voyage il a visité des écoles, des crèches, des clubs sportifs, des laboratoires, des foires aux jouets, il a interviewé des professeurs, entraineurs, maires, publicistes, policiers, thérapeutes, médecins, pédagogues, s’est entretenu avec des centaines de parents et d’enfants, et parcouru les dernières recherches scientifiques sur les sujets de l’éducation et le développement de l’enfant.
Il a compilé le résultat dans son ouvrage : “Under pressure : putting the child back in childhood”, à travers lequel il dénonce un monde consumériste et perfectionniste, diamétralement opposé aux réels besoins des enfants.
Ce livre n’est pas un manuel d’éducation, mais plutôt une radiographie de la situation actuelle, un éloge du bon sens lorsqu’il s’agit d’élever nos enfants, de l’importance de la présence des parents, qui doivent s’occuper au lieu de se préoccuper, et un appel à freiner la pression sociale ainsi que les messages de l’industrie publicitaire, qui ne recherchent pas le bonheur des enfants, mais leur endoctrinement.
Nous connaissons tous nos enfants mieux que quiconque, mais la culture de la perfection continue à nous faire croire qu’il y a une recette quelque part qui va nous aider à ce que nos enfants deviennent des êtres parfaits. C’est un mythe, un mensonge.
Voici les 11 idées principales de “Under pressure”:
- Fuir l’excès de perfectionnisme et la vanité de l’éducation. L’élitisme pédagogique et l’abus d’activités parascolaires fatiguent les enfants, et souvent ne sont qu’un renfort de l’égo des parents, qui projettent sur eux leurs propres frustrations.
- Fuir l’excès d’académisme (hémisphère gauche) qui laisse peu de place pour travailler les émotions et la liberté personnelle des petits (hémisphère droit).
- Fuir les supports pédagogiques qui vous promettent de créer des “génies”.
- Revendiquer le rôle essentiel des jeux pour apprendre à vivre. Le jeux basique, pur et simple, qu’un enfant réalise avec un crayon et un papier ou une boite en carton, est beaucoup plus fertile, sain et utile que n’importe quel jouet dit éducatif à 50 ou 100€.
- Fuir le marketing infantile, qui conditionne le comportement des plus petits.
- Étudier le modèle pédagogique finlandais pour ses résultats positifs, système qui retarde la scolarisation (à 7 ans), qui n’impose pas de devoirs, qui forme correctement ses enseignants et qui renforce la collaboration entre tous les acteurs sociaux. Moins de devoirs et d’activités parascolaires implique plus de temps pour se détente, s’amuser, interagir entre eux et se former en tant qu’êtres humains complets.
- Fuir la culture de la prudence à laquelle nous soumettons nos enfants, qui vont de la maison à l’école attachés dans la voiture, avec des “parents-hélicoptères” qui contrôlent chaque millimètre de la vie de leurs enfants, asphyxiant leur capacité de décision, leur connexion avec eux-mêmes, et leur maturité.
- Fuir l’excès de manuels pédagogiques, qui font perdre confiance aux parents. Même si ce point reste à nuancer, car dans une société comme la nôtre où l’instinct est atrophié (ou au mieux minimisé), et où le contact social avec nos plus petits et minimisé, il est important de connaître quelques bonnes références en la matière.
- Fuir la médication infantile, et particulièrement la pandémie de surconsommation de Ritaline [déjà dénoncé par Ken Robinson].
- Passez plus de temps avec vos enfants. Une demande indispensable qui peut s’étendre aux professeurs.
- Défendez le bon sens, la flexibilité, l’amour, le respect et la prise de conscience sur le fait que nos enfants ne sont pas des “masses d’argile que nous pouvons modeler à notre guise”, mais des personnes que nous devons accompagner toute leur vie.
Une alerte donc, face à cette société qui “est en train de créer des enfants hyperactifs, dépressifs, obèses, violents et insatisfaits“.
La bonne nouvelle étant que la solution pour changer les choses est entre les mains de chaque parent!






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